Opquast, l’arme fatale contre les pipeauteurs du web

Dernière révision : 29 janvier 2018

Etes-vous déjà ressorti.e d’une conversation avec un « expert » du web en ayant la sensation de n’avoir rien compris ? Certes, cela peut venir de vous. Mais vous pouvez aussi être victime d’un pipeauteur en chef, un professionnel de l’enfumage qui vous noie dans un nuage de mots compliqués pour cacher son inexpérience. Pour en avoir le cœur net, faites-lui passer la certification Opquast (et profitez-en pour la passer aussi). RA-DI-CAL !

Opquast, qu’est-ce que c’est ?

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le mythique test Opquast pour Open Quality Standards, le modèle VPTCS et les 226 bonnes pratiques, voici une petite explication. En 2001, (comment ça, vous n’étiez pas encore né ?) des années avant la mode de l’ergonomie, du design UX et même avant l’apparition de Google, Elie Sloïm et Eric Gateau décidèrent d’imaginer un modèle capable de synthétiser les attentes des utilisateurs finaux du web.

Ils cherchèrent une sorte de formule magique capable de résumer la quintessence de la qualité web, c’est-à-dire les critères nécessaires au fonctionnement d’un bon service en ligne, ou comme ils le définirent eux-mêmes : « l’aptitude d’un service en ligne à satisfaire des exigences explicites ou implicites ». Après une séance de brainstorming d’anthologie, ils aboutirent au modèle VPTCS :

visibilité : être rencontré par ses utilisateurs potentiels
perception : être utilisable et correctement perçu par ses utilisateurs
technique : fonctionner correctement
contenus : delivrer de l’information de qualité
services : proposer, accompagner, générer la réalisation de services de qualité.

Ce modèle transversal, peaufiné depuis par un collectif de contributeurs, constitue aujourd’hui le socle des connaissances évaluées dans la certification Opquast. Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est sa nature profondément user centrics, centrée sur l’humain. Les différents métiers du web ne sont là que pour servir l’utilisateur final. Ainsi, le rédacteur web peut intervenir sur la partie « Contenus », mais aussi sur la partie « Visibilité », sur la « Perception » et les « Services ». Le développeur peut travailler sur la « Visibilité »,  mais aussi sur la « Technique », etc.

Le modèle VPTCS - Opquast

Le modèle VPTCS – Opquast

Opquast, pourquoi c’est bien ?

La certification évalue non seulement les connaissances globales des bonnes pratiques du web, le vocabulaire technique, les connaissances des étapes d’un projet web, mais aussi les risques auxquels peuvent être confrontés les différents métiers. Et cette transversalité s’avère particulièrement précieuse dans l’industrie du web, un média complexe par excellence issu de la rencontre entre différents savoirs et différentes cultures : l’écrit, les images, la vidéo mais aussi la technique, le commerce, le référencement, la stratégie, le design, l’ergonomie, le management.

Un même projet web peut rassembler autour d’une table un designer, un référenceur, un développeur, un rédacteur web, un chef de projet, un responsable e-commerce et tous doivent parler le même langage afin de faire aboutir une vision. C’est ce qui fait l’incroyable énergie, la créativité bouillonnante de cette industrie, mais c’est aussi ce qui la rend difficile à maîtriser. Combien de projets web ont échoué parce qu’un risque majeur n’avait pas été repéré en amont, parce qu’un chef de projet inexpérimenté, ou mal formé aux métiers du web, n’avait pas su anticiper les problèmes suffisamment tôt ?

Le chef de projet qui maîtrise les contraintes de tous les métiers du web sera capable de faire des choix avisés. Il fera gagner du temps (et de l’argent) à toute l’équipe. Et si le concepteur rédacteur web sait que ses créations narratives peuvent poser problème au développeur dans certains contextes techniques, si le designer sait que certaines images trop lourdes peuvent plomber la visibilité du site et compliquer la tâche du référenceur, alors la collaboration se passera de manière plus fluide.

Dans un secteur numérique en pleine expansion grouillant de nouveaux experts auto-proclamés, la certification Opquast permet d’évaluer de façon relativement juste le niveau de connaissance des professionnels du web.

Opquast, est-ce que c’est difficile ?

J’ai trouvé le test à la fois facile et difficile. J’avais passé le TOEFL pour évaluer le niveau d’anglais en 2000, et la certification Opquast fonctionne sur le même principe : un questionnaire à choix multiple à réaliser en un temps limité. La difficulté vient à la fois du nombre important de questions à résoudre en 1h30 (il faut donc être particulièrement concentré), des pièges, et de la teneur relativement technique du test. Les profils plus techniques comme les développeurs et les référenceurs partent clairement avec un avantage.

Comment se préparer ? J’ai eu la chance d’assister à la formation en présentiel sur deux jours animée par Elie Sloïm, en compagnie de l’équipe d’Editoile avec qui j’ai pu travailler et partager des informations. J’ai ensuite passé deux jours à lire et à réviser en solo les 226 bonnes pratiques du livre « Qualité web », la check-list qualité web du site Opquast et à suivre la préparation au test en ligne sur le site d’Opquast : des articles à lire, des liens à consulter, des vidéos et des quiz pour s’entraîner. De nombreuses bonnes pratiques m’étaient déjà connues mais j’ai appris beaucoup de nouvelles règles bien utiles. Le test n’évalue pas que les connaissances des 226 bonnes pratiques (ce serait trop facile), il vérifie également la culture web et le savoir global des candidats.

Au final, j’ai obtenu 865 points sur 1000 comme l’explique mon certificat officiel : « Excellente connaissance des bonnes pratiques qualité Web et du vocabulaire associé. Compétences réelles et appréciables pour participer à des projets Web. » Ouf ! Les derniers points sont particulièrement difficiles à obtenir.

Opquast niveau Avancé

Opquast, est-ce que ça coûte cher ?

Le passage du test coûte 180€ TTC avec un accès pendant 3 mois à la plateforme d’entrainement, et le guide de certification. Si vous aussi, vous voulez rejoindre les chevaliers de la table ronde du web et faire la preuve de votre expertise, allez-y !

Epée de la table ronde - Opquast certified

Bonne chance !

A lire
J’ai passé la certification de qualité web Opquast.

9 Commentaires

  • Reply Gabrielle Denis 30 janvier 2018 at 9 h 43 min

    Je plusse ! Opquast est vraiment une certification utile pour tous les professionnels du Web. Elle n’est pas réservée aux développeurs : même des consultants, rédacteurs, community managers ont intérêt à la passer !

  • Reply Eve Demange 30 janvier 2018 at 10 h 32 min

    Oui, c’est ce qui fait son intérêt : la certification évalue vraiment des compétences transversales. La dimension relativement technique du test me semble normale au regard de l’histoire du web, un média en réseau inventé par des informaticiens géniaux comme Tim Berners-Lee et de l’importance des langages html ou xml dans la circulation des infos. Le test rappelle simplement la nature profonde du web et sa dépendance à la technique. Et d’ailleurs, Opquast pourrait éditer un petit livret sur l’histoire du web et le W3C, ce serait parfaitement logique et très utile !

  • Reply Benoit Mobibot 30 janvier 2018 at 12 h 02 min

    Très bonne idée ! j’avais eu une formation en 2004 par Eli Sloim , un petit update ne ferait pas de mal 🙂

  • Reply Vincent 30 janvier 2018 at 16 h 35 min

    J’ai également passé la certification Opquast pour éviter le syndrome de l’imposteur et du pipoteur via la plateforme d’entrainement. Résultat 800 points… Un peu déçu car le niveau de l’examen en ligne est bien supérieur à celui de l’examen blanc proposé sur la plateforme. C’est certes un détail mais à prendre en compte dans la préparation… Ne partez pas trop confiant même si vous avez obtenu 1000 points aux 3 examens blancs, continuez à vous préparer pour éviter des surprises !

  • Reply Eve Demange 30 janvier 2018 at 17 h 04 min

    @Vincent > Je suis bien d’accord avec vous !!

  • Reply Arnaud 1 février 2018 at 21 h 33 min

    Chouette article, si je ne l’avais déjà passée (2 fois), ça m’aurait donné envie de la repasser la certif opquast !

  • Reply Mathias Poujol-Rost 18 avril 2018 at 13 h 30 min

    Merci pour ce « topo » détaillé et argumenté, je le reposte sur ma page FB des agences parfois vendeuses en cycle court, parce que oui en 2018 cela existe encore, et les pouvoirs publics ont peu les moyens de les réglementer ou arrêter.

  • Reply Arnault 20 juin 2018 at 11 h 51 min

    Je n’avais jamais entendu parler de cette certification … Excusez ma question, mais quelle est la légitimité de cet organisme ? Aussi, vu tous les métiers du web, c’est un peu compliqué d’être bon partout, et ce n’est pas un objectif vraiment sain d’ailleurs à mon sens …

  • Reply Eve Demange 21 juin 2018 at 10 h 46 min

    Bonjour Arnault,
    Le mieux c’est de vous renseigner. Opquast est une référence sur le marché du web avec 4000 certifiés, une centaines de partenaires et toutes les écoles du web ! Elie Sloïm travaille sur ce sujet de la qualité web depuis les débuts de ce nouveau média et son modèle VPTCS sert de marqueur à toute la profession. Il ne s’agit pas d’être bon partout mais de comprendre les contraintes auxquelles les autres métiers sont confrontés et de garantir à vos clients un niveau de culture générale web et de connaissance métier minimal sur un marché où l’on voit vraiment de tout. (Genre des nouveaux qui débarquent, ne connaissent rien et se déclarent « consultant expert » au bout de 6 mois).
    http://w3qualite.net/demarche/modele-vptcs-infographie

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